Le Rwanda prend le lead en matière d’écologie

Le Rwanda prend le lead en matière d’écologie et va construire la première ville verte d’Afrique. Les études de faisabilité sont en cours de réalisation. Le projet prévu à la périphérie de la capitale Kigali sera doté d’infrastructures entièrement durables, d’espaces verts et de logements pour personnes à faibles revenus.

L’admiration suscitée par le projet pilote de ville verte du Rwanda est telle que certains y voient la matérialisation du « Wakanda », en référence au film Black Panther, qui joue au Wakanda, une cité africaine imaginaire, dans laquelle écologie et technologie font sensation.

Le « Wankanda » rwandais sortira bientôt de terre. Les travaux de construction vont démarrer dès le mois de janvier 2020. Les études de faisabilité et la conception seront finalisées d’ici décembre 2019, a déclaré Eudes Kayumba, chef d’équipe adjoint du projet pilote de la ville verte, à la presse locale, le 9 mai dernier.

Implanté sur une superficie de 620 hectares, ce projet est localisé sur la colline de Kinyinya, dans le district de Gasabo en périphérie de Kigali, la capitale. Il propose une nouvelle vision dans le domaine de l’urbanisation verte. Il s’appuiera notamment sur de nouveaux principes de développement durable, ainsi que sur un nouveau cadre réglementaire en matière de mobilité, d’électricité et de normes écologiques de construction des immeubles. La première phase du projet, confiée à la société britannique Horizon Group, portera sur la construction d’un ensemble de 410 maisons réparties sur 13 hectares et qui comprendront de nombreux aspects écologiques au niveau de la construction et de la gestion des espaces verts. Pour la seconde phase du projet, des habitations écologiques à prix abordables seront construites sur 125 hectares de terrain pour les populations plus démunies. La dernière phase intègrera des bâtiments commerciaux et des immeubles de bureaux, afin d’attirer des entreprises écologiques innovantes.

170 millions de dollars ont déjà été mobilisés, sur les 5 milliards nécessaires…

Les ingénieurs estiment à 5 milliards de dollars, le montant d’argent nécessaire à la construction de la ville verte. Selon M. Kayumba, le financement proviendra de différentes parties prenantes qui se sont engagées à mettre en commun leurs ressources pour assurer la réalisation du projet.

Hubert Ruzibiza, directeur général de Fonerwa, l’un des principaux bailleurs de fonds du projet, a déclaré qu’il allait mobiliser différentes sources de financements pour la mise en œuvre du projet. Pour l’heure, le Fonds a mobilisé plus de 170 millions de dollars pour des projets verts dans le pays.

Le Fonds vert rwandais (Fonerwa), avec le soutien financier de la Coopération allemande au développement, par l’intermédiaire de la Banque de développement de la KfW, a entrepris une étude de faisabilité pour le projet Green Pilot, et a engagé Sweco, un cabinet d’ingénierie et d’architecture basé à Stockholm en Suède, pour soutenir la mise en œuvre du projet.

Pour assurer une meilleure longévité et la prise en compte finances de personnes à faibles revenus, les logements de la ville verte seront réalisés à partir de matériaux locaux, moins chers.

Avec ce projet de ville verte, le Rwanda montre son engagement en faveur de la protection de l’environnement. Le pays est déjà célébré comme ayant la troisième ville la plus verte du monde, la capitale Kigali, où tout plastique non biodégradable a été banni. La ville dispose d’un service de nettoyage communautaire quotidien et s’attaque à la pollution sonore en ordonnant l’insonorisation des bâtiments et des clubs religieux.